LA JERSIAISE

RobeFauve plus ou moins charbonnée et panachée
VocationLaitière spécialisée
Poids vache430 kg
Taille vache
1,28 m
Poids taureau650 kg
Taille taureau
1,33 m
Berceau
Bretagne

NOM INTERNATIONAL

A l'international, la Jersiaise est appelée French Jersey. Il existe en effet d'autres modèles de Jersiaises selon le pays où elles ont été sélectionnées.

ORIGINE

La Jersiaise vient de l'île anglo-normande de Jersey. Avant 1860, cette race se regroupait avec d'autres sous le nom d'Alderney. Les éleveurs de Jersey ont obtenu la race Jersaise par des moyens très stricts. Tout d'abord, ils ont conservé la pureté raciale en restreignant les importations de bétail. Enfin, une sélection très poussée et la création du Herd-Book ont finalisé la race. C'est à partir du XVIème siècle que la Jersiaise a commencé à être exportée en masse à travers le monde. Mais elle était déjà arrivée en France depuis le milieu du XIVème siècle. Ce n'est ensuite qu'en 1903 qu'elle a été reconnue comme étant une race française, au moment de la création de son Herd-Book français.

HERD-BOOK

Le livre généalogique français de la Jersiaise a été ouvert en 1903.

CONFORMATION

La Jersiaise a un corps longiligne et concaviligne très marqué. Sa tête est fine et présente une forte concavité frontale. Ses membres ont de bons aplombs. Son ossature est fine. Sa mamelle est bien développée et proportionnée, et bien attachée.

ROBE

La Jersiaise est de robe fauve plus ou moins diluée (de fauve soutenu à sable clair). Sa robe est plus ou moins charbonnée et il peut y avoir présence d'un masque noir sur la tête. Enfin, certaines Jersiaises présentent des taches blanches. Elle a les muqueuses et les extrémités noires.

Ci-dessus, à gauche, une Jersiaise fauve peu charbonnée et avec un masque discret. A droite, une Jersiaise fauve fortement charbonnée.

Ci-dessus, à gauche, une Jersiaise fauve avec un léger masque et des panachures blanches. A droite, une Jersiaise de robe sable, c'est-à-dire fauve dilué.

Les taureaux Jersiais sont très charbonnés. Les boeufs, c'est-à-dire ceux qui sont castrés perdent leur charbonnure. Les veaux Jersiais ne sont pas charbonnés. La charbonnure apparait vers 6 mois à 1 an.

CORNES

Les cornes de la Jersiaise sont relativement longues et en coupe.

POPULATION

Lors du Recensement Général Agricole de 2000, il y avait un peu plus de 5200 vaches Jersiaises en France. Dans le monde, la population s'élève à 5-6 millions de vaches, réparties sur les 5 continents.

PRODUCTION

La Jersiaise est une race essentiellement laitière. Son lait est très riche, ce qui la met en tête de toutes les autres races de ce point de vue là. C'est une fromagère exceptionnelle, sa crème est onctueuse et son beurre savoureux.

UNE VACHE EXCEPTIONNELLE

Son métabolisme lui procure une longévité hors du commun. Une étude a montré que parmi vingt-deux critères, la jersiaise est supérieure dans sept domaines : âge au premier vêlage, facilité de vêlage, mortinatalité, durée de gestation, vitesse de traite, faible proportion de réforme, d'abord pour infécondité ensuite pour déficience des membres.

INTERVIEW D'ELEVEUR

► Thierry, éleveur de Jersiaises en Sarthe.

Princesse-lavache.com : Comment pourriez-vous présenter la Jersiaise ?
Thierry : C’est une petite vache, laitière pure. Elle produit un lait parmi les plus crémeux, et elle est considérée comme la race beurrière par excellence. En termes d’effectifs, c’est la deuxième race laitière mondiale. Elle est capable de s’adapter à tous les systèmes d’exploitation et on la trouve sur tous les continents.

Princesse : Quel sont les atouts et les avantages de la Jersiaise ?
Thierry : Elle possède une très grande facilité de vêlage et n’a donc quasiment pas besoin de surveillance. Elle ne fait jamais de jumeaux : depuis 13 ans que j’élève des Jersiaises, je n’ai eu qu’une seule fois des jumeaux, mais ils étaient mort-nés. C’est une bonne marcheuse : elle n’a que peu de problèmes de pieds. La Jersiaise a une bonne mamelle. Elle est reconnue pour sa vitesse de traite. Son lait est très riche et contient peu de cellules : c’est chez la Jersiaise que les taux cellulaires descendent le plus bas en début de lactation. Elle résiste bien à la monotraite : c’est la race qui perd le moins de production avec ce système. Elle a une capacité à valoriser les fourrages grossiers et s’adapte très bien aux variations de la qualité de l’alimentation. Elle résiste bien à la chaleur (par rapport à la Normande que j’ai également élevée auparavant).

Princesse : Quels sont ses inconvénients ou ses défauts ?
Thierry : La Jersiaise est assez sensible aux fièvres de lait, son principal défaut. Sinon, elle a un défaut économique : des problèmes de valorisation des mâles, malgré le fait que la viande reste de bonne qualité. Elle a aussi un déséquilibre entre le taux protéique et le taux butyrique, ce qui ne correspond pas à ce que recherche l’industrie.

Princesse : Quel est son caractère ?
Thierry : C’est une vache facilement domesticable, facile à approcher. Elle est très vive et curieuse, et reste aux aguets. Mais elle garde un fort caractère.

Princesse : Vous élevez la Jersiaise en système extensif et biologique. En quoi est-elle adaptée à ce système ?
Thierry : Elle n’est pas forcément plus adaptée à ce système qu’une autre race. Mais sa rusticité, ainsi que le fait qu’elle présente peu de problèmes de boiteries, de mamelle et pas de problème au vêlage, font qu’elle est facile à conduire en bio, car elle présente moins de risques. Le fait qu’elle s’adapte bien aux variations de la qualité de l’alimentation est également un atout pour l’élevage biologique.

Princesse : Quelles sont les particularités de la Jersiaise en termes de santé ?
Thierry : Elle présente une très bonne résistance aux maladies et encaisse des chocs importants : j’ai eu une fois une vache qui est descendue à 36°C, mais nous avons réussi à la sauver ! Mais cette bonne résistance peut être un inconvénient, car les symptômes apparaissent parfois très tard, voire trop tard.

Princesse : Quelles sont les particularités de la Jersiaise en termes d’élevage ?
Thierry : Elle a une croissance très rapide : même en bio, nos vaches vêlent à un peu plus de 2 ans. Pour l’engraissement, les bœufs arrivent également vite à maturité.

Princesse : Pourquoi avez-vous choisi cette race ?
Thierry : Lorsque je me suis installé, j’ai repris avec ma femme un troupeau de Normandes. Mais nous voulions changer de race. Un jour, nous avons découvert la Jersiaise chez une exploitante installée seule. Nous l’avons trouvée intéressante au niveau de sa manipulation. Il est par exemple plus aisé de déplacer un veau de 15-20 kg qu’un veau de 45-50 kg ! Son côté esthétique, avec ses jolis yeux notamment, nous a également séduits. Enfin, c’est une vache qui nous convenait par son côté rustique et peu fragile. En fait, nous l’avons choisi pour son côté pratique, et n’avions pas réfléchi sur son aspect laitier en tant que tel. Nous voulions aussi ne pas pouvoir nous comparer aux autres éleveurs, et c’est le cas, puisque nous sommes les seuls éleveurs de Jersiaises dans le coin où nous habitons.

Princesse : Avez-vous des anecdotes de Jersiaises qui vous ont particulièrement marqué ?
Thierry : Oui, il y a Noisette : la toute première Jersiaise née sur l’exploitation. Elle est née en 1997. Elle a même servi pour notre photo de mariage ! Nous l’avions tellement choyée qu’elle en était devenue collante et réclamait tout le temps des caresses… Elle est devenue trop difficile à gérer dans le troupeau ! Nous l’avons alors vendue à une ferme pédagogique à Chaufour-Notre-Dame, où elle a fait le bonheur des petits enfants, qui pouvaient la cajoler à volonté et la traire. Elle est maintenant en retraite, et coule des jours paisibles !

Où voir des Jersiaises ?

La plupart du cheptel français est situé dans les régions de Bretagne, de Basse-Normandie et des Pays de la Loire. On peut également en trouver en Marne, Yonne, Drôme, Lot-et-Garonne ou encore Haute-Vienne. Enfin, on peut en voir lors des grands rassemblements d'élevage tels que le Salon de l'Agriculture de Paris, le SPACE de Rennes, etc...