MIRABELLE

06/06/2011

▲ Mirabelle, photo C. CABLEY

Une histoire racontée par C. CABLEY

« Je fréquente régulièrement un troupeau de jeunes vaches Montbéliardes, renouvelé chaque année par un ami agriculteur derrière mon habitation, dans l’attente de les reprendre en fin de saison dans son exploitation pour les faire porter et les mener ainsi à leur première lactation.

L’an passé en 2010, une des vaches de ce troupeau, d’ordinaire bien alerte et attentive, paraissait très abattue et s’était mise à l’écart de ses copines. Elle était de toute évidence très mal, car elle ne me quittait pas quand je l’approchais, semblant chercher le réconfort de ma présence. Passant mon bras au-dessus de son encolure, j’ai essayé une fois de lui faire rejoindre le troupeau et c’est sans aucune difficulté qu’elle m’a suivie ainsi.

Mais, malheureusement, son état ne s’améliorant pas, l’agriculteur est venu la récupérer. Je ne l’ai pas revue de la fin de la saison et l’ai retrouvée en stabulation lors d’une de mes visites de l’étable en hiver. Elle m’a tout de suite reconnue et est venue solliciter des caresses : elle était en parfaite forme.

Ses problèmes de santé antérieurs étaient dus en fin de compte à une sorte d’alcoolisme consécutif à une ingestion trop grande de mirabelles tombées au sol et qui avaient fermenté dans son estomac... Comme quoi, on peut tout voir, même une vache saoûle ! Depuis ce jour, son propriétaire l’a surnommée... "Mirabelle" (à double sens, puisque c’est une eau-de-vie très renommée de Lorraine). »